Edmond Sadaka Photographe Journaliste

Contact | Liens | Plan du site

LA PHOTO DE CONCERT

LE MATERIEL --> LA TECHNIQUE --> GENERALITES --> ACCREDITATIONS

 

CHOISIR LA BONNE SENSIBILITÉ

Avec le Nikon D3, je suis généralement entre 1600 et 3200 ISO pour les concerts en intérieur. Cela permet d’obtenir des vitesses allant du 320ème au millième de seconde : c’est suffisant pour obtenir la netteté.  Une méthode simple : régler en premier lieu l’appareil sur 1250 ou 1600, une sensibilité où le bruit numérique est faible voire inexistant sur un 24 x 36. Si la vitesse obtenue à pleine ouverture est insuffisante, augmenter la sensibilité (jusqu’à 6400 ISO en cas de besoin). Cependant, quand les conditions de lumière sont bonnes (concert en plein jour ou salle particulièrement bien éclairée), n’hésitez pas à démarrer sur la sensibilité minimale (100 ou 200). Si la vitesse obtenue est suffisante, il n’y a donc pas lieu de pousser plus loin.

BALANCE DES BLANCS, manuelle ou automatique ?

balance des blancsbalance des blancs

Choisir la bonne balance des blancs en concert se révèle parfois un vrai casse-tête car les lumières sont souvent très changeantes. L’un des problèmes principaux provient de la prédominance des lumières rouges qui sont souvent du plus mauvais effet.

Le plus simple pour débuter : shooter en RAW. Pour mettre le maximum de chances de votre côté, procédez de la sorte : faites une image en balance des blancs auto, ensuite la même en ajustant (manuellement) la température de couleur sur 3200 K°. Comparez…et calez votre boîtier sur le réglage le plus adapté. Si le résultat ne devait pas vous satisfaire, vous pourrez (puisque vous êtes en RAW) corriger ensuite la balance des blancs en postproduction avec des logiciels tels que Nikon Capture, Lightroom ou Photoshop, etc.. (Personnellement, n’ayant pas l’obligation de fournir mes photos dans l’urgence, je travaille la plupart du temps en Raw à la prise de vue même si le temps passé à la postprod est plus important).

Si vous choisissez de travailler en jpeg, même technique (comparer bdb auto et 3200 K°). Il est aussi possible de régler d’entrée de jeu la balance des blancs en tungstène (ou incandescent). Cela devrait la plupart du temps donner un résultat correct et atténuer l’intensité des spots de couleur rouges.

NB : Sur les boîtiers hauts de gamme type d3 Nikon, le réglage de la bdb auto est dans plus de 80 % des cas efficace.

QUEL MODE CHOISIR ?

Le mode priorité ouverture (A sur Nikon AV sur Canon) est la solution la plus simple et elle est la plupart du temps efficace. Le réglage du diaphragme sur une grande ouverture (2,8 ou 3,5) permettra de faire entrer le maximum de lumière et donc d’obtenir une vitesse confortable. Problème : à pleine ouverture, la profondeur de champ devient faible. On perdra facilement la netteté si la mise au point n’est pas parfaite (régler la plupart du temps sur les yeux de l’artiste). N’hésitez donc pas - si la salle est bien éclairée - à fermer d’un cran ou deux.

Plus délicat mais donnant de meilleurs résultats (la plupart des pros l’utilisent) : la mesure manuelle (M) à condition que  les conditions de lumière ne changent pas trop rapidement. Avec de l’expérience, cette technique peut s’avérer très utile.

ET LA  PRIORITÉ VITESSE :

(S sur Nikon, TV sur Canon) : J’utilise ce mode assez rarement. Il peut s’avérer utile pour un sujet en mouvement constant (ex un batteur). Vous fixez la vitesse et le boîtier choisit seul l’ouverture. Là encore pas de mystère : il vous faut faire de multiples essais (vive le numérique !!) : l’expérimentation et elle seule vous permettra d’arriver à un résultat satisfaisant.

QUELLE MESURE D’EXPOSITION ?

Comme la plupart des photographes de concert, utilisez en priorité la mesure spot (mesure à 3% au centre de l’image) pour recueillir  la lumière toujours  sur le visage de l’artiste photographié car c’est cela que l'on veut exposer correctement (peu importe si le reste est sur ex ou sous ex). Mais l’exercice peut s’avérer périlleux, car pendant un concert les écarts de luminosité  sont énormes et peuvent varier très sensiblement  sur un même sujet en l’espace de quelques secondes. (Exemple : lorsqu’un musicien se place devant une source de lumière puis se décale). Dans ce cas, la mesure centrale pondérée donnera souvent de bons résultats, certains photographes la préfèrent à la spot. La matricielle en revanche a toutes les chances d’induire en erreur la cellule de l’appareil.

ATTENTION : il vous faut  impérativement "lier" la mesure d'expo avec le collimateur de mise au point !

PS : si vous choisissez le mode manuel, la mesure spot vous sera moins indispensable.

UTILITE DU MODE RAFALE ?

mode rafale mode rafale mode rafale

Plus besoin comme au temps de l’argentique d’économiser de la pellicule... Désormais vous pouvez mitrailler sans trop culpabiliser (mais n’abusez pas, ne serait-ce que par respect du public). Évidemment l’idéal est d’apprendre à ne déclencher qu’au bon moment. Plus facile à dire qu’à faire pendant un concert. D’une part le temps qui vous est donné est souvent limité (voir chapitre accréditations) d’autre part, dans le feu de l’action (un chanteur qui gesticule dans tous les sens ou un guitariste qui saute en l’air), la réussite ou non d’une photo tient souvent de la loterie. Le mode rafale dans certaines séquences très rapides permettra d'obtenir toute une série de photos parmi lesquelles on pourra ensuite faire une sélection à tête reposée.

COMMENT REGLER L’AUTOFOCUS ?

Aucun photographe de concert ne vous livrera une recette standard pour le réglage de l’autofocus. Chacun a sa méthode et tout dépendra évidemment de la scène : sujet statique ou en perpétuel mouvement.  La technique la plus simple (lorsque le sujet ne bouge pas trop) : privilégier le collimateur central qui est beaucoup plus « sensible » que les autres. Mettre d’abord l’appareil sur S (single sans suivi). Faire la mise au point sur ce collimateur central puis recadrer rapidement ce qui permet bien sûr de ne pas avoir systématiquement le sujet en plein milieu du cadre. Autre technique simple, régler manuellement avec le PAD le collimateur sur lequel la mise au point sera faite. C’est un peu laborieux, mais vous êtes sûr de faire la mise au point correctement. L’AFC continu  sera utile en revanche si le sujet bouge tout le temps… Le mode autofocus  51 points avec suivi du sujet  (AF-C 3D chez Nikon ) m’a semblé assez aléatoire en photo de concert. L’appareil est souvent piégé et ne fait pas la mise au point sur le visage.

FLASH OU PAS FLASH ?

Il ne faut en aucun cas utiliser le flash. C’est généralement interdit (dans 99% des cas). Cela gêne les artistes et le public. En outre, le rendu des couleurs sera fortement moins intéressant à exploiter.

LES ACCESSOIRES :

  • La poignée "Grip", vous sera utile à plusieurs titres : outre une meilleure prise en main, vous y logerez une batterie supplémentaire (Il est toujours préférable d'avoir à portée de main une batterie de secours).
  • Si vous shootez en raw, prévoyez des cartes mémoire en réserve le format Raw prend beaucoup d’espace de stockage !
  • Le monopode peut s’avérer utile surtout si vous optez pour un objectif  « mastodonte » comme un 300 f 2,8. Mais la plupart du temps, un monopode vous handicapera plus qu’autre chose : vous perdez une liberté d’action surtout pour les images prises en contre-plongée. Quant au trépied, n’en parlons pas : beaucoup trop encombrant et donc difficile à faire accepter.
  • Prévoir un petit  chiffon pour nettoyer l’objectif, on ne sait jamais.
  • Pour vos oreilles : si vous êtes tout près de la scène  et que vous ne voulez pas finir sourd : munissez-vous de bouchons d’oreille. Tout pro digne de ce nom en est muni.

LE POST-TRAITEMENT

Comme la plupart des photos numériques, (et plus encore en concert  !), les fichiers nécessitent souvent un post-traitement. (Attention cependant, n’abusez pas de la retouche. Le Raw - à lui seul - vous permettra de revenir sur quelques erreurs d’expo ou de balances des blancs.

Légère surex facile à corriger en Raw Après traitement
Légère surex, facile à corriger si on a shooté en raw

Après traitement

Pour le reste, vous aurez souvent besoin d’ajuster contraste et accentuation. Si le cœur vous en dit, utilisez de temps à autre un filtre adoucissant qui permettra de rendre l’image plus esthétique même si ce goût n’est visiblement pas partagé par tout le monde. (Ici Nik Color effect  / filtre Gamour glow). Dans le cas où les couleurs ne sont pas esthétiques, un passage en noir et blanc est une solution (de facilité certes) mais donne souvent de bons résultats. Quoi qu’il en soit, les choix de post-traitement, dépendent de vos goûts : je n’ai aucune recette à vous donner si ce n’est de ne pas abuser des effets spéciaux et à vous rapprocher le plus possible de ce que vous avez vu réellement sur scène.

LE MATERIEL --> LA TECHNIQUE --> GENERALITES -->ACCREDITATIONS