Edmond Sadaka Photographe Journaliste

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PHOTO & JOURNALISME

ETAT DES LIEUX DU METIER DE PHOTOJOURNALISTE

Photo Eric Bouvet

PHOTOJOURNALISTE : UN METIER EN VOIE DE DISPARITION ?

Le numérique a totalement bouleversé la profession de photojournaliste et plus généralement celui de l’image imprimée. Aujourd'hui’hui (et c’est le cas depuis le début des années 2000), beaucoup plus d’images sont prises, par des photographes de plus en plus nombreux (dont beaucoup sont des amateurs).

Le numérique a pour avantage, une fois que l’appareil a été acheté, d’être gratuit puisqu’il n’est plus nécessaire évidemment de développer ses photos, ce qui revenait relativement cher. Il est donc  à présent plus facile que jamais de faire des photographies de bonne qualité (les boîtiers ont fait d’énormes progrès) répondant  aux normes nécessaires à la reproduction.

Dans le même temps, la publication de ces photos sur internet se révèle incroyablement facile… Face à ce constat, on aurait pu -  à juste titre - imaginer  que le métier de photojournaliste connaîtrait un nouvel essor, un nouvel âge d’or... C’est loin d’être le cas,  et c’est même tout le contraire qui se produit depuis l’avènement de ces nouvelles technologies.

Pour en savoir plus :

Écoutez ici "Les points de repère du photographe ont changé. On ne raconte plus une histoire de la même façon" (1'41)
Sebastiao SALGADO, économiste et photographe brésilien

Photo Eric Bouvet

LES BANQUES D’IMAGES, LES  MICROSTOCK

Le succès des appareils numériques, leurs performances en constante évolution,  et leur prix qui ne cessent de baisser : tout cela a donc incité beaucoup d’amateurs à s’équiper. Constatant cet engouement, des entreprises ont encouragé ces amateurs à mettre leurs clichés sur le marché. Des banques d’images en ligne sont nées, alimentées par des photos prises par des  amateurs. La plupart du temps, il s’agit  d’images d’illustration qui représentent des situations, des métiers, des activités, etc. Ce type d’image est très recherchée par les magazines, entreprises et agences de publicité ou marketing pour illustrer des articles, des plaquettes, des prospectus, etc.

Ces banques d’images appelées Microstock – ( vente de stocks de photographies sans droits d’auteurs à des prix très bas) –  ont donc bouleversé la donne. Finie la domination des grandes agences ! Il n’y a  plus que les pros qui peuvent désormais fournir les médias. Les éditeurs en tous cas payeront beaucoup moins cher ce type d’image que s’ils avaient eu recours à un « pro ». Certains journaux  l’ont si bien compris qu’ils vont même jusqu’à encourager leurs lecteurs à envoyer des photos destinées à l’info qui seront publiées soit sur papier, soit sur le site internet de la publication… Il va de soi que la fourniture quasi-gratuite de ces images rogne davantage encore  la valeur marchande des images d’infos professionnelles.

Photo Eric Bouvet

LE PHOTOREPORTAGE

Mais la révolution numérique a également totalement modifié la donne en ce qui concerne la photo de reportage, avec toutes les conséquences regrettables que cela suppose : difficile souvent  de s’assurer qu’une photo n’est pas « bidonnée ». Les photos (ou vidéos) d’amateurs ont quelquefois lors d’événements majeurs (comme le Tsunami en Asie ou les attentats de Londres) été les seuls témoignages en image à passer en boucle sur l’ensemble des médias. Il a suffi pour leur auteur d’être là au bon moment, équipé d’un simple téléphone portable doté d’un appareil numérique basique. Il a pu ainsi fournir des images qu’aucun photojournaliste, faute d’être là,  n’aurait pu obtenir.

Pour en savoir plus :

Écoutez ici "Si les pratiques amateurs ont toujours existé, leur amplification change la donne et des dérives sont à craindre". (2'10)
Thomas COAX, photographe à l'AFP

LA DISPARITION DES GRANDES AGENCES

Les nouvelles technologies, en libérant certes le photographe de nombreuses contraintes, ont eu aussi pour conséquences  la disparition de nombreuses agences historiques (Sygma, Gamma… seule pour l’instant Sipa résiste). Ces agences avaient fait de Paris la capitale du photojournalisme dans les années 70. D’autres agences dites « télégraphiques » (AFP, AP et Reuters) les ont lourdement concurrencées  grâce aux importants moyens techniques dont elles disposent… Elles ont donc pris le relais en cherchant à être présentes sur tous les fronts, tout en faisant des économies.

Pour en savoir plus :

Écoutez ici "L'âge d'or des agences" (1'27)
Eric BOUVET, photographe. Il a couvert la plupart des conflits qui ont ensanglanté la planète depuis trente ans

Photo Eric Bouvet

Pour cela et pour pouvoir fournir dans l’immédiat leurs clients, elles ont recruté aux quatre coins du monde des photographes locaux, qu’elles payent à un tarif généralement très bas. Ils ont l’avantage de connaître parfaitement le terrain et d’être opérationnels en temps réel en quelque sorte.

Dès qu’il se produit un événement, il y a souvent (presque toujours) un photographe local à proximité prêt à déclencher dans la demi-heure et à envoyer sa production dans la demi-heure suivante grâce à son ordinateur portable et aux  téléphones satellitaires. Les agences ont confié à ces photographes locaux  un matériel permettant de travailler dans de bonnes conditions, et les ont formés à l’utiliser. Plus besoin pour elles de dépenser de gigantesques sommes  en envoyant des reporters depuis Paris.

 

Pour en savoir plus :

Écoutez ici "Les agences ont de plus en plus souvent recours à des correspondants locaux". (3'06)
Patrick CHAUVEL, ancien photographe de guerre, il est notamment l'auteur de "rapporteur de guerre" paru en2003.

Finis ou presque les reportages au long cours. L'immédiateté étant devenue le mot d'ordre de nombreux titres de la presse écrite qui ont leur site internet, comme elle l’est devenue dans les mondes de la télévision ou de la radio, la photo veut donc coller à tout cela. Plus question forcément de prendre de la  distance avec l'événement.. et ceci au grand regret de beaucoup de photojournalistes qui voient leur métier se rétrécir comme peau de chagrin...

Photos de cette page Eric Bouvet

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